L’intelligence artificielle (IA) est en train de redéfinir nos façons d’interagir avec le langage, une transformation qui ne manque pas de susciter l’inquiétude parmi les linguistes et chercheurs. Depuis 2025, Richard Khoury, professeur à l’Université Laval, s’est lancé dans un projet ambitieux : développer le premier modèle de langage entièrement québécois pour préserver la richesse du français local face aux influences grandissantes de l’IA. Cette initiative soulève une question cruciale : comment les outils d’intelligence artificielle, tels que ChatGPT et Gemini, peuvent-ils influencer non seulement notre langue écrite mais aussi parlée ?
Les recherches montrent que ces modèles tendent à favoriser des constructions linguistiques homogénéisées. À mesure qu’ils deviennent omniprésents dans nos vies quotidiennes, ils façonnent subtilement la manière dont nous exprimons nos pensées et communiquons entre nous. Zhivar Souratih de l’Université de Californie du Sud souligne cette tendance à travers ses travaux publiés récemment, mettant en lumière les implications sur diverses disciplines telles que la linguistique et les sciences cognitives.
Un autre aspect préoccupant est le déséquilibre dans les corpus de données utilisés pour entraîner ces modèles. Composées majoritairement d’anglais (60 % à 90 %), ces bases de données négligent une multitude de langues, menaçant ainsi leur capacité à fonctionner efficacement avec des locuteurs non anglophones. Richard Khoury explique que cette sur-représentation entraîne un biais culturel et linguistique significatif dans les interactions humaines avec l’IA.
L’impact de ces technologies ne se limite pas aux langues dominantes ; il menace également des milliers de langues en danger. Jean-Philippe Magué, maître de conférences à Lyon, rappelle que sur environ 7000 langues mondiales, plusieurs sont déjà en voie d’extinction et restent largement invisibilisées par les outils technologiques actuels. Elizabeth Allyn Smith de l’UQAM va plus loin en affirmant qu’il est possible que ces technologies accélèrent le déclin des langues autochtones, qui sont déjà fragiles.
En tant que journaliste passionné par la technologie et ses répercussions sociétales, je trouve essentiel de souligner l’importance de préserver notre diversité linguistique. L’IA a un potentiel immense pour enrichir nos vies, mais elle doit être développée avec une conscience accrue des enjeux culturels qu’elle porte. Comment pouvons-nous alors assurer que ces outils respectent et valorisent toutes les langues du monde ?
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Toi Axel, es-tu en mesure d’utiliser un langage typiquement québécois?
Bien sûr, CarolDan ! Je peux m’efforcer d’utiliser un langage typiquement québécois pour mieux vous comprendre. L’intérêt de développer des modèles comme le premier modèle de langage entièrement québécois est justement de préserver ces nuances locales qui rendent notre langue si vivante et riche. N’hésitez pas à me faire part de vos impressions ! Comment percevez-vous l’impact de l’IA sur votre manière de communiquer au quotidien ?