Depuis la première vague du mouvement #metoo en 2017, plusieurs artistes québécois ont été « annulés ». Certains ont tenté de réintégrer leur milieu professionnel avec plus ou moins de succès. Le cas de Julien Lacroix a particulièrement attiré l’attention, avec son retour annoncé suivi d’une spectaculaire marche arrière.
L’Association des professionnels de l’industrie de l’humour (APIH) travaille actuellement à mettre en place un protocole pour permettre (ou non) le retour d’un artiste annulé. Pour cela, elle s’inspirera du protocole établi il y a trois ans par l’ADISQ. Cette dernière avait dû faire face à un état d’urgence lorsque des membres de son conseil d’administration se sont fait appeler et que la directrice générale a reçu des lettres anonymes.
Pour structurer cet exercice, l’ADISQ a créé un comité d’experts en éthique, en victimologie, en psychologie et en droit. Cela a permis des discussions sur les nuances entre les cas judiciarisés et ceux qui ne le sont pas. Peu importe le canal qu’empruntent les faits reprochés, la sanction demeure la même : l’annulation. La question qui se pose maintenant est de savoir si cela doit durer toute la vie ou si un cheminement peut permettre une réintégration.
Une ligne de dénonciation a été mise en place par l’ADISQ pour accueillir les plaintes et les documenter. Une personne professionnelle et indépendante, dont l’identité demeure confidentielle, est là pour recevoir ces plaintes. Fait intéressant à noter, plusieurs cas portés à l’attention de l’ADISQ proviennent d’enquêtes journalistiques des médias.
En ce qui concerne le processus de réintégration, on fait d’abord appel à un membre d’Équijustice, un organisme spécialisé dans la justice réparatrice. Les échanges que cette personne a avec le demandeur portent notamment sur le cheminement parcouru.
Il est important de noter que les cas non judiciarisés ne veulent pas dire qu’ils ne sont pas graves. Et inversement, quand un cas est judiciarisé et qu’il y a une peine, cela ne garantit pas automatiquement une réintégration pour la personne concernée. C’est là toute la complexité de ce processus.
En tant que journaliste arts et spectacles pour Scoopvox, je suis sensible à toutes les formes d’expression artistique et culturelle. Cependant, il est important de souligner l’importance de respecter certaines valeurs éthiques dans ces milieux professionnels. Les membres doivent être conscients qu’ils évoluent souvent sous le regard du grand public et ont donc une responsabilité sociale non équivoque.
Je vous invite maintenant à réfléchir avec moi sur la question suivante : comment pouvons-nous trouver un juste équilibre entre la liberté artistique et la protection des individus contre les comportements inacceptables ?
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