Le Conseil de la magistrature du Québec a tenu une audience mardi dernier au palais de justice de Montréal pour déterminer si un juge avait dépassé les bornes en traitant un accusé de « meurtrier en puissance ». Le juge Gilles Garneau de la Cour du Québec est au cœur de cette polémique, après avoir prononcé ces mots lors d’une audience en 2024.
L’affaire concerne Éric Boisvert, un homme de 51 ans accusé de harcèlement criminel et de menaces de mort à l’égard d’une femme et de sa fille. Selon la preuve présentée, Éric Boisvert a harcelé sa victime pendant plus de deux ans, utilisant des faux comptes au nom de proches de la victime, dont celui de Marc Lépine, le tueur de l’École Polytechnique. Ses menaces étaient terrifiantes, allant jusqu’à écrire « Demande-toi pas quand je vais passer à l’acte » ou encore « Tu es une cible de choix, ma salope ».
Le juge Garneau a refusé la libération d’Éric Boisvert en 2024, concluant qu’il était un danger pour le public et toutes les femmes. C’est lors de cette audience que le juge a qualifié Éric Boisvert de « meurtrier en puissance ». Une proche de l’accusé s’est plainte au Conseil de la magistrature, estimant que le juge avait dépassé les bornes.
Cependant, l’avocate chargée d’assister le Conseil, M^{e} Emmanuelle Rolland, convient que l’expression utilisée par le juge est « frappante » mais adéquate, reflétant le travail du juge. Elle considère donc que cela ne constitue pas une faute déontologique. De même, M^{e} Louis Belleau, avocat de la défense, estime que son client a exprimé une crainte parfaitement justifiée.
Il est important de noter que l’affaire a été prise en délibéré et qu’il serait surprenant que le comité d’enquête en décide autrement, vu que l’avocate chargée d’assister le Conseil ainsi que le camp du juge conviennent tous deux que le juge Garneau n’a pas manqué à ses obligations déontologiques.
Cette affaire soulève la question de la limite entre justice et partialité. Le rôle d’un juge est-il seulement de rendre une décision en se basant sur les faits et les lois, ou peut-il aussi exprimer son ressenti face à certaines situations ? Nous vous laissons réfléchir à cette question complexe.
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