Dans une décision sans précédent, la juge Claude Dallaire de la Cour supérieure a statué en faveur d’une mère qui accusait son ex-conjoint d’exploiter financièrement leurs trois adolescents. Le père avait exigé des pensions mensuelles croissantes : 100 $ à partir de l’âge de 14 ans, 200 $ à 15 ans et jusqu’à 300 $ à 16 ans. Ces sommes étaient complétées par des « extras » pour les courses alimentaires et le paiement d’un abonnement internet haute vitesse.
Malgré un revenu annuel avoisinant les 100 000 $ grâce à ses investissements immobiliers, ainsi qu’une pension de son ex-conjointe, l’homme vivait avec sa nouvelle conjointe. La juge a souligné que le père aurait dû adopter des comportements plus responsables en tant qu’adulte, comme vendre leur maison plutôt que de puiser dans les économies de ses enfants mineurs âgés respectivement de 15, 16 et 17 ans au moment du procès. La juge a critiqué le fait que ces sommes n’avaient pas été investies pour l’avenir des adolescents comme cela avait été laissé entendre par leur père.
Les enfants ont dû travailler dès un jeune âge pour subvenir à leurs besoins et ceux de la famille. L’aîné, malgré ses difficultés scolaires, a commencé à travailler à 13 ans dans une épicerie avant de passer au restaurant comme homme à tout faire. À environ 16 ans, il gagnait déjà entre 19 000 $ par an en travaillant jusqu’à 35 heures par semaine. Le deuxième enfant, également confronté à des difficultés scolaires, a été poussé par son père à trouver un emploi à temps partiel dans une épicerie pendant l’année scolaire, lui rapportant ainsi 12 000 $ en 2024.
La juge Dallaire a rappelé que la loi ne prévoit aucune obligation pour les enfants de financer leurs parents, même s’ils possèdent des ressources personnelles. Selon elle, un parent peut seulement réclamer une contribution financière à ses enfants si sa situation le nécessite pour leur entretien ou éducation, ce qui n’était pas applicable dans cette affaire.
Cette décision soulève la question de l’équilibre entre inculquer des valeurs financières et exploiter les ressources d’enfants mineurs. Quelle est donc la limite acceptable pour enseigner aux jeunes une gestion responsable sans tomber dans l’exploitation ?
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