Dans le monde de la langue française au Québec, une décision historique vient d’être prise par l’ouvrage phare du français écrit : le Bescherelle. Cette nouvelle édition, publiée aux éditions Hurtubise et mise à jour le 18 avril 2026, reconnaît officiellement la réforme du participe passé. Une avancée qui suscite une grande joie parmi les spécialistes de la langue québécoise, car cette proposition était en discussion depuis 2014.
Le Bescherelle expose désormais « le problème du participe passé » dans sa section « Grammaire du verbe ». Il recommande l’invariabilité du participe passé conjugué avec avoir. Cette mention peut sembler insignifiante pour les étudiants lors de leurs exercices quotidiens, mais elle représente un changement profond et significatif dans la manière dont nous appréhendons notre langue écrite.
Le Groupe québécois pour la modernisation de la norme du français (GQMNF) a exprimé sa satisfaction sur les réseaux sociaux : le Bescherelle « signale systématiquement la réforme de l’accord du participe passé ». Cette reconnaissance s’aligne avec les recommandations du Conseil international de la langue française et de la Fédération internationale des professeurs de français. Selon ces nouvelles directives, le participe passé employé avec « avoir » peut rester invariable, tandis que celui utilisé avec « être » continue d’accorder en tout temps avec le sujet.
Cette réforme soulève une question intrigante : pourquoi cette règle a-t-elle été si difficile à accepter ? Annie Desnoyers, étudiante au doctorat en linguistique et porte-parole du GQMNF, rappelle que jadis on prononçait les finales vocaliques pour marquer le pluriel ou le féminin. Ces sons ont disparu entre 1600 et 1800, mais l’orthographe a été adaptée à ces usages désormais inaudibles lors de la création de l’école obligatoire en France.
Le Bescherelle note également que les règles d’accord du participe passé avec « avoir » suivies d’un complément direct antéposé sont souvent bafouées dans le langage courant. On entend fréquemment des phrases comme « les règles que nous avons enfreint », plutôt que la forme régulière « … que nous avons enfreintes ». Ce constat souligne l’artificialité de cette norme, formulée pour la première fois par le poète Clément Marot en 1538.
En tant qu’amoureuse des mots et de leur évolution, je trouve fascinant comment une règle vieille de plusieurs siècles peut être remise en question. Cette réforme du Bescherelle québécois est un pas vers la simplification d’une langue qui continue à se renouveler tout en respectant son riche héritage.
Chers lecteurs, que pensez-vous de cette évolution linguistique ? Est-ce une étape nécessaire pour moderniser notre usage du français ou risquons-nous de perdre un aspect essentiel de sa complexité historique ?
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