Le projet de loi 20 visant à favoriser l’accès au logement abordable fait polémique avant même son adoption. Alors que les consultations sur cette pièce législative s’ouvrent ce jeudi, plusieurs acteurs du milieu de l’habitation communautaire déplorent que le projet ne propose que des «correctifs ponctuels» au détriment de mesures structurantes pour lutter contre la crise de l’abordabilité.
Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) est même allé jusqu’à demander le retrait complet du projet de loi 20, estimant qu’il risquait de créer plus de problèmes qu’il n’apporterait de solutions. La porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, a notamment exprimé ses craintes quant à la déshumanisation que pourrait provoquer le guichet unique d’accès à un logement social proposé dans le projet de loi.
D’autres acteurs du milieu ont également critiqué le projet de loi 20. Le Réseau québécois des OSBL d’habitation (RQOH) a estimé que le problème résidait plutôt dans le sous-investissement chronique du logement communautaire, tandis que l’Alliance des corporations abordables du territoire (ACHAT) aurait espéré des actions gouvernementales plus audacieuses et cohérentes.
Il est vrai que la crise de l’abordabilité du logement est un enjeu prioritaire pour les Québécois. Selon le RQOH, il s’agit d’un phénomène marginal que quelques correctifs ponctuels ne suffiront pas à résoudre. La ministre de l’Habitation, Caroline Proulx, souhaite notamment répondre aux constats de la vérificatrice générale du Québec qui avait répertorié plus de 2700 locataires de logements abordables dont les revenus étaient supérieurs aux critères d’admissibilité.
Cependant, le projet de loi 20 ne semble pas convaincre tous les acteurs concernés. Le FRAPRU estime que la compensation proposée dans le projet de loi risque de précariser les ménages ayant des revenus légèrement plus élevés que le seuil prescrit. De plus, plusieurs aspects du projet de loi seront édictés par des règlements plutôt que définis directement dans le texte législatif.
Il est donc légitime de s’interroger sur l’efficacité réelle du projet de loi 20 pour résoudre la crise de l’abordabilité du logement au Québec. Les consultations sur ce sujet se déroulent sur deux jours et se concluront mardi prochain, avec
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