Dans une décision qui a suscité l’émoi et l’incompréhension au palais de justice de Montréal, Rosenthal Jr Dorleans, agresseur sexuel multirécidiviste, a écopé d’une peine clémente : un an de prison. Ce verdict est le résultat direct des limites imposées par l’arrêt Anthony-Cook de la Cour suprême en 2016, qui restreint considérablement les marges de manœuvre des juges lorsqu’ils sont confrontés à une recommandation commune de peine entre la Couronne et la défense.
Le juge Thierry Nadon a exprimé ses réserves quant à cette décision. « Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf. Il a neuf antécédents judiciaires en semblable matière », rappelle-t-il avec amertume. Bien que le juge se soit rangé à la suggestion des parties, il l’a fait « seulement parce que l’arrêt Anthony-Cook de la Cour suprême fait en sorte que le pouvoir d’un juge est très, très limité ». Cette décision judiciaire a retiré aux juges toute latitude pour déroger à une recommandation conjointe sauf si elle porte atteinte à l’intérêt public ou discrédite la justice. Or, cette barre est tellement haute qu’elle n’est presque jamais franchie.
L’avocat de la défense a plaidé en faveur d’une « dernière chance » pour Rosenthal Jr Dorleans, qui avait 37 ans au moment des faits et sévissait sur les lignes d’autobus 193 (Jarry) et 439 (Express Pie-IX). En novembre 2025, il a molesté une femme dans l’un de ces autobus. Quelques semaines plus tard, cette même victime l’a reconnu en train de récidiver son geste déplacé. Puis, en mars dernier, Rosenthal Jr Dorleans s’en est pris à une adolescente de 16 ans sur la ligne 193, dans des circonstances similaires.
Le juge Nadon a souligné l’importance de protéger le public et de respecter les peines maximales prévues par la loi. « La justice réhabilitative, je comprends, mais il ne faut pas mettre le public en danger », a-t-il déclaré avant d’approuver à contrecœur la recommandation commune des parties.
Cette affaire soulève de nombreuses questions sur l’efficacité du système judiciaire et son rôle dans la protection de la société. Comment peut-on concilier justice réhabilitative avec le besoin impérieux de sécurité publique ? À quel moment une « dernière chance » devient-elle un risque trop grand pour les victimes potentielles ?
Lorsqu’un prédateur sexuel multirécidiviste est libéré après avoir promis qu’il ne récidiverait pas, quelle confiance peut-on encore accorder à la justice ? Ces questions méritent une attention particulière et invitent chacun de nous à se demander : comment pouvons-nous améliorer notre système judiciaire pour mieux protéger les victimes tout en offrant un espoir réel de réhabilitation aux délinquants ?
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