Madagascar fait face à une situation politique complexe depuis la nomination de son nouveau gouvernement le 25 mars dernier. Les acteurs clés du mouvement citoyen qui a secoué l’île en septembre et octobre 2025 expriment leur scepticisme quant aux choix opérés par les autorités de transition.
Le président de la Refondation, Andry Rajoelina, a opté pour une certaine continuité dans sa nouvelle équipe gouvernementale. La plupart des anciens ministres ont été reconduits, sans qu’aucune figure marquante ne vienne renforcer l’exécutif. Cette absence de renouvellementinquète les acteurs de la société civile et les jeunes de la Génération Z, qui espéraient une plus grande prise en compte de leurs aspirations.
Le mouvement Gen Z, notamment, avait souhaité voir ses membres directement promus au sein du gouvernement. Cependant, aucun de ses candidats n’a été reçu pour un entretien avant la nomination des ministres, ce qui a suscité frustration et désillusion chez les jeunes. « Cette fois on s’est vraiment proposé », explique Herizo Andriamanantena, participant actif du mouvement Gen Z. Mais force est de constater que le gouvernement ne semble pas prêt à leur donner une place prépondérante dans l’exécutif.
La société civile exprime également ses doutes quant aux choix opérés par les autorités de transition. Harnelle Rakotobe, directrice exécutive de l’ONG Ivorary, engagée pour la bonne gouvernance et les droits humains, estime que le plus grand défi du gouvernement sera de gagner la confiance des citoyens. Pour cela, elle préconise notamment la publication des déclarations de patrimoine des ministres afin d’assurer une transparence maximale.
Il est difficile de ne pas partager l’inquiétude des acteurs de la société civile et des jeunes face à ce remaniement ministériel qui semble manquer de perspectives novatrices. Le gouvernement doit maintenant se concentrer sur l’organisation de la concertation nationale, prévue pour juillet prochain, afin d’adresser les enjeux cruciaux du pays.
Mais ne sommes-nous pas en droit de nous interroger sur la réelle volonté des autorités de transition de répondre aux attentes des citoyens et des jeunes générations ? Comment espérer un avenir meilleur si l’on se refuse à donner une place prépondérante aux acteurs qui ont déjà démontré leur engagement pour le bien commun ?
En attendant, il convient de suivre avec attention les prochaines étapes du processus politique malgache. La balle est désormais dans le camp des autorités de transition : sauront-elles répondre aux attentes d’une population en quête de changement et de transparence ?
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