**Grenoble, en première ligne pour préserver les glaciers**
La Journée mondiale des glaciers, célébrée le 21 mars, est une invitation à agir pour protéger ces géants de glace qui jouent un rôle crucial dans la vie sur Terre. Au cœur des Alpes, l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE) se trouve en première ligne pour étudier les glaciers et répondre aux besoins des sociétés face au changement climatique.
L’IGE est une unité mixte de recherche chapeautée par cinq organismes tutelles, dont le CNRS et l’Université Grenoble-Alpes. Elle a été créée en 2017 suite à la fusion entre les laboratoires de glaciologie (LGGE) et d’hydrologie (LTHE), permettant ainsi une meilleure collaboration entre ces deux disciplines.
Le glacier Blanc en juin 2023. © Géraud Bosman-Delzons/RFI
**Une science en construction**
Les chercheurs de l’IGE étudient les glaciers sous toutes leurs coutures, du forage à la paléo-climatologie en passant par l’hydrologie et la modélisation. Une discipline émergente, la micro-biologie des glaces, est également au cœur de leurs recherches.
Thomas Condom, expert en hydrologie de montagne et directeur adjoint de l’IGE, ainsi que Bruno Jourdain, glaciologue et enseignant en chimie de l’atmosphère, sont deux figures emblématiques de cet institut. Ils étudient l’eau sous ses trois états et se déplacent principalement à vélo pour réduire leur empreinte carbone.
**Les glaciers, châteaux d’eau des civilisations**
Les glaciers sont essentiels pour la vie sur Terre, notamment en fournissant de l’eau douce aux écosystèmes et aux sociétés. Cependant, ils sont tous en retrait, c’est-à-dire qu’ils fondent sans se reconstituer suffisamment à la saison suivante.
Dans les Andes, par exemple, le retrait des glaciers a des conséquences directes sur l’agriculture, le tourisme et l’énergie. Le projet Andes C2H, mené par Thomas Condom, a montré que plus de 95 % des bassins versants andins devraient atteindre leur niveau maximal d’eau avant 2030.
**Des incidences sur la qualité de l’eau**
Le retrait des glaciers peut également avoir des conséquences sur la qualité de l’eau. La glace abrasive érode la roche-mère potentiellement chargée en métaux lourds, qui se dissolvent ensuite dans les rivières. Catherine Larose, chercheuse à l’IGE, étudie ces métaux naturels et toxiques pour comprendre leurs impacts sur l’environnement.
**Agir pour préserver les glaciers**
Face au retrait des glaciers et aux conséquences qu’il entraîne, il est crucial d’agir pour préserver ces géants de glace. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est la seule manière de freiner leur déclin. Les recherches menées à l’IGE contribuent à mieux comprendre les changements climatiques et leurs impacts sur les sociétés.
L’IGE a une réflexion avancée sur l’empreinte carbone de sa recherche, avec un objectif de réduction de 50 % des émissions en 2030 par rapport à 2019. En se forçant à prendre le train plutôt que l’avion et en questionnant l’intérêt de suivre une conférence en présentiel, ce laboratoire réduit son impact environnemental.
En conclusion, la préservation des glaciers est un enjeu majeur pour les écosystèmes et les sociétés qui dépendent de ces géants de glace. Les recherches menées à l’IGE contribuent à mieux comprendre le changement climatique et ses conséquences sur notre planète. Face aux défis auxquels nous sommes confrontés, il est essentiel d’agir ensemble pour préserver notre environnement.
*Et vous, comment pouvez-vous contribuer à la préservation des glaciers ?*